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Bedaine : une série à laquelle on s'attache

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Bedaine : une série à laquelle on s'attache

Il y a des séries qu’on regarde. Et il y a des séries auxquelles on s’attache.

Bedaine appartient à la deuxième catégorie. Ryan Doucette signe une proposition singulière — drôle, bien faite, avec des personnages qui prennent de l’espace dès le premier épisode. Son sens de l’humour, parfois grinçant, mais toujours on point, est mis de l’avant sans jamais alourdir l’ensemble. Ryan incarne le moineau, un super-héros déprimé, avec justesse. Il en fait juste assez et c’est parfait.

Le cœur de cette série, c’est la relation entre Rolanda et Bedaine. Florence Brunet apporte un timing comique remarquable. Juxtaposée à l’énergie du moineau déchu de Ryan, la dynamique entre les deux rappelle Spike et Chester dans Looney Tunes — le grand bourru et celui qui tourne autour de lui. Ça fonctionne à merveille.

David Losier mérite aussi qu’on s’y arrête. Son Donald La Donut — chef de police comique et fédérateur — est l’un des personnages les plus réussis de la série. Hilarant sans forcer, attachant sans sentimentalisme. David sait exactement quoi faire avec ce rôle.

J’avoue que je consomme peu de séries francophones. Mais visuellement, Bedaine tient la comparaison avec certaines de mes séries américaines préférées. La façon dont la caméra accompagne Bedaine — ce personnage un peu seul dans sa propre logique — rappelle le travail de The Last Man on Earth ou de Barry. La réalisation de Christian Essiambre est posée, précise, et prend l’humour au sérieux. Ça change tout.

J’ai vu les trois premiers épisodes à l’avant-première. Techniquement soigné, humainement attachant. La direction photo de Blake Stilwell est juteuse — riche, remplie de texture et d’ombre. La musique originale de Sacha Louis Léger soutient et soulève, en particulier dans la scène d’ouverture digne du monde Marvel.

Il faut aussi nommer ce que ça prend pour faire une série comme Bedaine. Ce n’est pas un sujet facile à vendre. Une comédie acadienne, ancrée dans un milieu et une culture spécifiques, portée par des personnages qui sortent du moule — c’est ambitieux, audacieux, courageux. Et c’est exactement ce genre d’ambition qu’on devrait encourager.

Je ne veux pas en dire plus. La série Bedaine mérite d’être découverte, pas résumée. Allez-y sans trop en savoir. C’est mieux comme ça. Les quatre premiers épisodes sont disponibles maintenant sur tv.extra (les 7 premiers jours sont gratuits si vous n’êtes pas abonnés).

Bravo à Connexions production, Marcel, Chris, André et Marc. Et longue vie au RDU — Ryan Doucette Universe.